mercredi 27 août 2014

La manipulation émotionnelle




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mercredi 27 août 2014
La manipulation émotionnelle
Quelques exemples pour détecter si vous êtes victime de cette manipulation.

Il est intéressant de comprendre pourquoi une personne se comporte ainsi, très probablement parce qu'elle l'a vécu elle-même et qu'elle en retire de l'énergie.

8 moyens pour se protéger des manipulations émotionnelles, autrement dit, d'agressions camouflées

Humans are free

Traduit par Hélios pour le BBB.

Voici 8 moyens de repérer une manipulation émotionnelle et de vous en protéger :

1. Pas besoin d'être honnête avec un manipulateur d'émotion

Vous dites une phrase dont l'idée va être dénaturée . Exemple : "Je suis vraiment fâché(e) que tu ais oublié mon anniversaire."

Réponse – "Cela m'attriste si tu penses que je peux oublier ton anniversaire, j'aurais dû te parler des soucis que j'ai en ce moment – mais tu vois, je ne voulais pas te perturber. Tu as raison, j'aurais dû mettre tous ces problèmes de côté (ne soyez pas surpris de voir de vraies larmes à ce stade) et me concentrer sur ton anniversaire. Désolé(e)."

Même si vous entendez ces phrases, une sensation s'insinue en vous qu'elles ne veulent vraiment pas dire du tout qu'il(elle) est désolé – mais en ayant malgré tout une réponse vous ne trouvez rien d'autre à dire. Sinon vous pourriez même en arriver subitement à consoler la personne de son angoisse !

En toutes circonstances, si vous sentez que c'est joué sous cet angle – ne capitulez pas ! Ne passez pas là-dessus, n'acceptez pas une excuse qui semble tout sauf sincère.

Si elle vous semble non sincère – c'est que c'est probablement la réalité. Règle numéro un – si vous êtes impliqué avec un maître-chanteur, FAITES CONFIANCE à VOTRE instinct. FAITES CONFIANCE à ce que vous ressentez.

Dès qu'un manipulateur d'émotion découvre une manœuvre réussie – il l'ajoute à sa liste GAGNANTE et vous serez régulièrement abreuvé(e) de ces con...ries.


2. Le manipulateur d'émotion donne l'image de quelqu'un qui aide volontiers

Si vous lui demandez de faire quelque chose, il sera presque toujours d'accord – c'est à dire DANS LE CAS où il ne s'est pas porté volontaire pour le faire. Quand vous dites ensuite, "d'accord, MERCI" – il pousse un tas de soupirs, ou montre une gestuelle non-verbale qui vous fait savoir qu'il ne veut pas vraiment le faire malgré ce qui a été dit.

Quand vous lui dites qu'il n'a pas l'air de vouloir faire quoi que ce soit – il va renverser les choses en tentant de faire valoir que BIEN SÛR il voulait, et que vous vous montrez vraiment pas raisonnable. C'est une façon de vous "rendre dingo" – un jeu auquel le manipulateur d'émotion est champion.

Règle numéro deux – si un manipulateur d'émotion a dit OUI – laissez-le en prendre la responsabilité. Ne marchez pas dans ses soupirs et subtilités – s'il ne veut pas agir – faites qu'il le dise en face – ou mettez vos écouteurs de musique et faites couler un bain en le laissant faire son cinéma.

3. Rendre dingo – dire une chose et ASSURER plus tard ne pas l'avoir dite
Si vous vous retrouvez dans une relation où vous pensez devoir commencer à tenir un journal de bord de ce qui a été dit parce que vous en venez à vous poser des questions sur VOTRE santé mentale – c'est que vous vivez une manipulation émotionnelle.

Le manipulateur d'émotion est un expert pour déformer les choses, rationaliser, se justifier et décortiquer. Il peut mentir si subtilement que même si vous regardez un objet noir, il affirmera qu'il est blanc – et argumentera avec une telle persuasion que vous commencerez à douter de vos sens.

Sur le long terme c'est si insidieux et usant que votre sens des réalités peut littéralement en être altéré.

ATTENTION : la manipulation émotionnelle est TRÈS dangereuse !

C'est tout à fait déconcertant pour un manipulateur d'émotion de vous voir arriver avec un bloc-notes et un STYLO et commencer à prendre des notes pendant la conversation. Sentez-vous libre de lui faire savoir que vous avez l'impression d'être tellement "étourdi(e)" ces temps-ci que vous voulez enregistrer ses phrases pour la postérité.

La chose la plus dingue à ce sujet est que d'avoir à faire une telle chose est un bon exemple pour vous inciter sérieusement à vous mettre hors de portée. Si vous trimbalez un bloc-notes pour votre sauvegarde personnelle – ce bon vieux détecteur de mensonges va désormais clignoter en permanence !

4. Culpabilité. Le manipulateur d'émotion excelle dans l'art de la culpabilisation

Il peut vous faire sentir coupable de parler franchement ou de ne pas dire les choses, d'être émotif ou pas assez émotif, d'être généreux et attentionné ou pas assez. Tout y passe et débouche sur la culpabilité avec ces gens-là.

Le manipulateur d'émotion exprime rarement ses besoins ou désirs ouvertement – il obtient ce qu'il veut par manipulation émotionnelle. La culpabilisation n'est pas la seule formulation mais c'en est une puissante.

Nous sommes presque tous bien conditionnés à faire tout le nécessaire pour diminuer notre sentiment de culpabilité. Une autre émotion puissante utilisée est la sympathie. Le manipulateur émotionnel est une grande victime.

Il inspire le sentiment d'un profond besoin de soutien, d'attention et d'encouragement. Le manipulateur d'émotion affronte rarement ses propres démons ou n'effectue son sale boulot de lui-même.

Ce qui est fou, c'est que lorsque vous faites les choses pour lui (ce qu'il ne demandera jamais directement), il peut simplement renverser la situation en disant qu'il ne voulait ou n'attendait certainement pas que vous fassiez quoi que ce soit !

Tentez de faire comprendre que vous ne livrez pas de batailles pour les autres ni que vous faites le sale boulot à leur place. La grande ligne est "J'ai toute confiance en ta capacité à résoudre ça tout seul" – guettez la réponse et prenez encore une fois note sur le détecteur de mensonges.

5. Le manipulateur d'émotion frappe en douce

Il n'affronte pas les choses directement. Il discutaillera derrière votre dos et amènera finalement d'autres personnes à vous dire ce qu'il ne veut pas dire lui-même.

C'est un agresseur passif, je veux dire qu'il trouve des moyens subtils pour vous faire savoir qu'il n'est pas fou de joie. Il vous dira ce qu'il pense que vous voulez entendre et fera ensuite tout ce qu'il faut pour le saboter.


Exemple : "Bien sûr que je veux que tu retournes faire des études, chéri(e) et tu sais que je t'aiderai." Puis la veille de l'examen vous êtes assis à la table et des copains de poker débarquent, les enfants ont mis le son de la télé à fond et le chien a besoin de sortir – pendant tout ce temps, le "très cher" reste vissé sur sa CHAISE en vous regardant avec des yeux "de merlan frit".

Oserez-vous qualifier ce comportement que vous allez probablement entendre, "eh bien on ne peut empêcher le monde de tourner juste parce que tu as un examen, n'est-ce pas chéri(e) ?"

Pleurer, hurler ou l'étrangler – seule la dernière solution aura quelques bénéfices à long terme en vous envoyant probablement en prison.

6. Si vous avez un mal de crâne, le manipulateur d'émotion aura, lui, une tumeur au cerveau !
Peu importe VOTRE état, celui du manipulateur d'émotion a été ou est probablement dix fois pire. Il est difficile au bout d'un certain temps de se sentir en lien avec un manipulateur d'émotion car il a une manière de faire dérailler les conversations en redirigeant le projecteur sur lui.

Si vous lui parlez de ce comportement il se montrera profondément blessé ou très acerbe et vous traitera d'égoïste – ou prétendra que c'est vous qui êtes toujours sous le feu des projecteurs. Le fait est, que même en sachant que ce n'est pas le cas, vous allez vous retrouver avec l'impossible tâche de le prouver.

Ne vous tracassez pas – FAITES CONFIANCE à votre instinct et éloignez-vous !

7. Le manipulateur d'émotion a quelque part la capacité d'affecter le climat émotionnel de son entourage

Quand un manipulateur d'émotion est triste ou en colère, les gens de la pièce où il se trouve vibrent sur la même fréquence – ils apportent une réponse profondément instinctive pour trouver un moyen ou un autre d'équilibrer le climat émotionnel et le moyen le plus rapide est que le manipulateur se sente mieux – en faisant ce qu'il faut pour l'amadouer.

En restant avec ce genre de raté pendant trop longtemps, vous allez vous retrouver si empêtré et co-dépendant que vous en oublierez même que vous avez des besoins – inutile de préciser que vous êtes en droit de les combler.

8. Le manipulateur d'émotion n'est jamais responsable

Il n'assume pas sa responsabilité personnelle ni son comportement – il en revient toujours à ce que tous les autres "lui ont fait".

L'un des moyens les plus faciles pour repérer un manipulateur d'émotion est qu'il tente souvent d'établir une intimité en partageant dès le début des informations très personnelles, en général du genre "je-t'intéresse-à-moi-et-tu-me-prends-en pitié".

Il est possible que vous perceviez au départ ce type de personne comme très sensible, ouverte aux émotions et peut-être un peu vulnérable. Croyez-moi quand je dis qu'un manipulateur d'émotion est à peu près aussi vulnérable qu'un pit bull enragé, et qu'il y aura toujours un problème à résoudre ou une crise à surmonter.

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Un autre article intéressant sur le sujet : ICI.
par Hélios Libellés : évolution personnelle

Philippe Vergnes – Le mal du siècle : la manipulation (interview)
30 mai 2014 | Publié dans: Psychologie
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(Source : The Book Edition, Interview de l’auteur par Anne Crignon, journaliste au Nouvel Observateur)


Le livre ou pdf sont DISPONIBLES en bas de la page source.

Dans VOTRE manuscrit, vous analysez longuement la relation d’emprise, véritable « main basse sur l’esprit » selon le psychanalyste Saverio Tomasella, qui permet de pendre le pouvoir sur quelqu’un. En quoi consiste-t-elle ?

Nous pourrions le définir en un seul mot : « décervelage ». Le processus en œuvre dans le décervelage consiste en une perte progressive des capacités psychiques d’une personne soumise à des manipulations quotidiennes qui agissent comme des micros agressions. Le poison est instillé à dose homéopathique. Le manipulé devient peu à peu inapte à opérer la distinction entre ce qui est bon ou mauvais pour lui et n’a pas conscience de ce « décervelage ». Incapable de discernement, privé de ses capacités d’analyse, de son esprit critique et de son libre arbitre, il obéit aux injonctions du manipulateur sans résistance. D’où la passivité qui caractérise une personne assujettie. Par ailleurs, la relation d’emprise est encore mal analysée, il en résulte des conclusions erronées et de nombreuses idées reçues qui sont fausses.

Comme le fait de penser que les personnes manipulées sont « faibles » ?

Tout à fait. Ce qu’elles ne sont pas. Ce sont même souvent les personnes les plus « intelligentes », dans le sens de « brillantes », qui sont paradoxalement le plus « sensibles » (ou les plus exposées) aux techniques de manipulation. Philippe Breton, l’un des meilleurs spécialistes français de la parole et de la communication, explique cela dans son livre, intitulé : « La parole manipulée » (édition La Découverte), RÉCOMPENSÉ en 1998 par le prix de philosophie morale de l’Académie des sciences morales et politiques. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la manipulation instaure une relation d’emprise totalement asymétrique, d’autant plus forte qu’elle s’inscrit sur le long terme. Il n’y a aucune égalité entre un manipulateur et sa cible. Dans sa version la plus féroce, il s’agit d’une prédation dont l’ »intentionnalité » est totalement éludée par la majorité des analystes qui se penchent sur ces questions là.

Mais nous commençons aujourd’hui à mieux connaître ces processus grâce aux travaux de certains neuropsychiatres, comme le docteur Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, qui décrivent comment le mécanisme de disjonction opère chez une personne traumatisée. Il se produit exactement la même chose chez quelqu’un soumis à des agressions psychiques répétées. Ce qui agit dans ce cas n’est pas l’intensité du vécu traumatique mais sa répétitivité. Ce que nous enseignent ces recherches corrobore la notion de « décervelage » décrite par le psychanalyste Paul-Claude Racamier, découvreur de nombreux concepts et néologismes parmi lesquels celui de la perversion narcissique. Nous savons désormais comment fonctionnent les circuits neuronaux d’auto-inhibition d’une personne manipulée. Cette auto inhibition se traduit par un phénomène d’autodestruction dont les conséquences physiologiques peuvent être très graves. Le décervelage ne représente que la phase préalable d’une dévitalisation dont les effets se répercutent sur la santé mentale et physique du manipulé.

Comme souvent, la pluridisciplinarité favoriserait une meilleure compréhension des choses…

Oui. Je pense que pour aller encore plus loin dans la connaissance de cette problématique il serait nécessaire d’établir ce que le sociologue Edgar Morin appelle des « reliances » interdisciplinaires. Cela consiste à regrouper les connaissances de diverses disciplines telles la psychanalyse, la psychologie de la communication, les neurosciences, l’anthropologie, la sociologie, etc. qui toutes étudient la manipulation, la relation d’emprise et les conséquences de ces dernières sur les individus. Bref, ce champ d’investigation reste encore à défricher d’autant que des découvertes récentes effectuées dans le domaine de la biologie moléculaire et génétique viennent, elles aussi, étayer la thèse que des « agents stresseurs », tels que certaines manipulations, détériorent nos gènes et les rendent « muets ».

Vous écrivez que « la manipulation altère profondément la personnalité du manipulé ». En quoi consiste cette altération ?

Du fait de l’action du « décervelage », le manipulateur pourra dès lors « imprimer » son mode de pensée chez le manipulé exactement comme on grave un nouveau fichier sur un disque CD VIERGE. De nouveaux comportements vont alors apparaître et ces « transagirs », comme les nomme Paul-Claude Racamier, agiront tels des cliquets antiretour dans l’évolution de la personne manipulée. Selon la théorie de l’engagement empruntée à la psychosociologie, l’individu réajuste son système de pensée pour le rendre cohérent avec ses agissements. Cette réorganisation psychique provoque des dissonances cognitives chez la personne manipulée qui se trouve alors en conflit de loyauté entre ce que la manipulation lui « impose » de faire et les valeurs morales que ces nouveaux comportements transgressent.

Or, le conflit de loyauté est, selon Ariane Bilheran, psychologue clinicienne auteur de nombreux ouvrages sur la question des violences psychologiques, le mode opératoire le plus fondamental de la torture. Toutefois, pour que le manipulé ne puisse pas retrouver ses capacités psychiques, l’état de confusion mentale doit être soigneusement entretenu. Un des meilleurs moyens pour y parvenir réside dans l’utilisation du discours paradoxal que je formule ainsi : « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais et surtout puissiez-vous ne rien comprendre à ce que je vous raconte de manière à ce que, quoi que vous pensiez, quoi que vous disiez ou quoi que vous fassiez, je puisse toujours avoir raison ». Ce type de communication, qui tend à faire agir les unes contre les autres différentes aires de la personnalité du manipulé, génère des conflits de loyauté et est « schizophrénogène ». Pour le dire plus simplement, ce genre de communication rend « fou ».

Note :
Philippe Vergnes est un auteur très intéressant que vous pouvez suivre sur Agoravox ou sur son blog qui contient d’autres articles.

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